Covid-19 : Comment les commerces ont fait face (et ce que cela nous dit de l’avenir du retail)

20/05/2020

Centre commercial opéré par Accessite

lecture 4 min

En dehors des magasins d’alimentation, la quasi-totalité des points de vente ont dû fermer en raison de la pandémie. Pour les bailleurs et gestionnaires, il a fallut gérer l’activité à minima et à assurer les relations avec les enseignes. Accessite, opérateur de l’immobilier commercial, explique les mesures mises en place, tout en préparant un redémarrage progressif.

La crise sanitaire du coronavirus a un impact sur l’ensemble de l’économie française. Et leurs acteurs n’ont d’autre choix que de s’adapter à la situation, notamment dans le cadre du commerce, avec de fortes restrictions concernant l’ouverture des magasins. Dans l’hexagone, seuls les magasins d’alimentation et les pharmacies ont pu rester ouverts, avec des mesures sanitaires spécifiques concernant l’accueil du public. Accessite, spécialiste du property management et de l’immobilier commercial, fait partie des opérateurs en première ligne. Avec la gestion de plus d’un million de m2 de commerces (soit plus de 2500 magasins répartis sur le territoire, principalement dans des centres commerciaux et des retails park), l’entreprise a dû réagir très rapidement à cette situation exceptionnelle. « Dès le début du mois de mars, nous avons activé un plan de gestion sanitaire, notamment dans les centres commerciaux. Nous avons partagé les informations avec nos bailleurs, mis à disposition du gel hydroalcoolique. Mais le couperet est tombé le samedi 14 mars, sans sommation, sans préavis » (avec le discours du Premier ministre sur la fermeture immédiate de tous les commerces non essentiels, NDLR), explique Alexandre Séjourné, directeur général d’Accessite. Dès cette annonce, le gestionnaire d’actifs commerciaux a mis en veille la majorité des sites ou procédé à des ouvertures de magasins très réduites, site par site, en 48 heures seulement.

40 % de baisses de charges par site

Sur le plan sanitaire, l’entreprise est rodée à ce type de procédures, son premier métier étant d’accueillir du public en masse, et en sécurité. Les équipes bénéficient d’une formation permanente à la gestion des risques, et ont déjà été confrontées à des épisodes comme le H1N1 ou le plan Vigipirate, synonymes d’intégration de principes de sécurité. Des parcours spécifiques ont été mis en place pour accéder aux supermarchés, hypermarchés ou pharmacies situés dans les galeries commerciales, dont la majorité des boutiques sont fermées, ce qui rejaillit évidemment sur l’activité globale. « Jusqu’ici nous n’avions jamais été confrontés à des fermetures durables sans perspective de réouverture. Nous avons donc mis en place des plans de réduction de charge, avec un budget passé en mode dégradé pour baisser les lignes de coûts » détaille Alexandre Séjourné. Les équipes affectées à la sécurité incendie ou à la sureté n’ont pas bougé. Mais d’autres catégories de personnels qui assurent le bon fonctionnement des centres commerciaux ont été réduites. Au total, les charges ont été rapidement baissées d’environ 40%, un seuil qu’il est difficile d’abaisser encore plus. L’autre adaptation, toujours en cours de discussion entre les bailleurs et les commerçants, est celle du versement des loyers par les enseignes, confrontées à la fermeture et donc à la chute intégrale de leur activité (sauf pour celles proposant de la vente en ligne). Plusieurs options existent, allant du report des loyers pour les périodes de fermetures, à une annulation partielle ou totale. « Dès le début, nous avons recueilli les demandes des magasins sur cette thématique, et monté une cellule spéciale pour analyser tout ce qui nous remontait. Nos clients, ce sont les bailleurs et les enseignes. Nous avons adressé aux premiers une note juridique, avec des conseils sur les positions à prendre, en fonction des éléments juridiques et des ordonnances existants. Puis nous avons appliqué les décisions prises individuellement par chaque bailleur. Viendra ensuite le temps de discuter de chaque bail commercial au cas par cas. Les décisions doivent être concertées et équilibrées ». L’intérêt commun étant celui du dialogue, pour assurer la pérennité des relations dans le temps.

« Le coronavirus va accélérer la mutation du commerce »

Mais l’arrêt de l’activité de ces commerçants n’empêche pas de se projeter, et de mettre en place des solutions alternatives, comme dans le centre commercial Domus. Situé à Rosny sous Bois (93) et dédié à la maison et à la décoration, il propose déjà depuis la mi-avril une ouverture des magasins partielle. Le magasin d’électroménager et de multimédia Boulanger reste ainsi fermé au public, mais propose un service de click&collect : les commandes faites sur internet peuvent être récupérées sur le parking du centre commercial, avec un circuit de cheminement mis en place spécifiquement. Pour les jardineries, qui ont obtenu le droit de rouvrir, l’enseigne Truffaut située à Domus a remonté le rideau depuis le 21 avril, mais ne peut accueillir simultanément que 30 clients. La réouverture progressive des magasins, a fait plancher Accessite sur la remise en route de ses sites, et de ses modalités d’accès. Pour Alexandre Séjourné, il ne fait aucun doute « que la reprise va être graduelle. Mais on peut d’ores et déjà s’activer sur un plan de reprise.  Il faut penser à la remontée en charge des immeubles. Réfléchir à quel mode de communication opérer, quel process d’accès mener. Nous procédons à des phases tests, faire une décontamination, fonctionner à blanc. Il y a beaucoup de travail à effectuer en amont ».

Mais cette crise agit comme un révélateur. « L’épisode du coronavirus va accélérer la mutation du commerce » assure le directeur général d’Accessite. Le modèle centré sur l’hypermarché et la galerie doit ainsi évoluer pour s’inscrire plus en phase avec les tendances actuelles, de moins en moins basées sur la consommation de masse, et tendant plus vers l’omnicanal et l’expérientiel. « Cette crise met en lumière certains enseignements. Ce que démontre cette séquence, c’est que dans la situation extrême, où seul le commerce en ligne est possible, le consommateur n’achète malgré tout que ce qui est essentiel. Car malgré les évolutions technologiques, les clients, même les plus jeunes plébiscitent le commerce physique, avec le conseil, le fait de pouvoir toucher le produit, voir les marques, échanger avec le personnel. La bonne nouvelle, c’est que le commerce physique n’est pas mort. Mais sa transformation doit s’accélérer ».

Fiche d'identité

Accessite

  • http://www.accessite.eu/fr/
  • Accessite est un spécialiste du commerce créé en 2007. Il s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire de plus de 80 collaborateurs qui interviennent quotidiennement pour nos clients sur des problématiques commerce. Plus d’un million de mètres carrés

A lire également