Toitures photovoltaïques: des bureaux capables de produire trois fois plus d’énergie qu’ils n’en consommeront

03/06/2021

Chez AEW, plusieurs bâtiments ont déjà été lancés avec le 100 % toiture photovoltaïque “pour agir concrètement en faveur de la décarbonation de l’industrie et pour faciliter l’obtention d’un label environnemental”.

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Au sein du parc d’activités Act’Y à Saint-Priest (Rhône), Nexity va lancer la construction de cinq bâtiments dissociés à usage d’activités avec bureaux pour le compte d’AEW. Leur particularité ? Aller au-delà des 30 % de couverture solaire imposés par la loi Énergie-Climat, avec une couverture intégrale d’une toiture photovoltaïque.

“Nous avons à cœur de produire les bâtiments les plus verts possibles en prenant en compte les critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance” (ESG). Ludovic Bernini affiche son ambition pour AEW Ciloger, société de gestion de 23 SCPI du groupe AEW. En portant son choix sur le projet de VEFA de Nexity sur le Parc Act’Y à Saint-Priest (Rhône), le gestionnaire du fonds Logistis ‒ 3,3 millions de m² d’immobilier logistique en France et en Europe ‒ va dans le sens d’une construction plus responsable. En effet, les cinq bâtiments d’activités et de bureaux (25 000 m²) seront entièrement équipés d’une toiture photovoltaïque. Résultat : la labellisation BREEAM viendra consacrer la prise en compte des enjeux environnementaux de ce projet immobilier dès sa livraison prévue au troisième trimestre 2022.


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André-Pierre Villalba, directeur du développement pour Nexity en Rhône-Alpes, nous explique cette exigence, peu courante encore pour les bâtiments d’activités. La couverture de l’intégralité des toitures en panneaux photovoltaïques représente un défi important sur ce projet : “C’est la stratégie de la marque d’avoir des bâtiments certifiés, nous avons souhaité nous démarquer de la concurrence. BREEAM est le label le plus connu au niveau européen. Il nécessite d’intégrer les enjeux environnementaux dès sa conception : penser les usages, l’isolation thermique et acoustique pour le confort d’usage des bâtiments, leur orientation géographique… L’objectif est de développer des bâtiments peu consommateurs en carbone, plutôt précurseurs sur les futures contraintes environnementales”. Pour satisfaire à cette démarche appréciée par AEW, Nexity est accompagné par des bureaux d’étude environnementaux.

Les toitures équipées de 9 000 modules photovoltaïques

Chez AEW, plusieurs bâtiments sont en cours de construction avec le 100 % toiture photovoltaïque ‒ plutôt dans l’univers des bâtiments logistiques, “pour agir concrètement en faveur de la décarbonation de l’industrie et pour faciliter l’obtention d’un label environnemental” décrypte Ludovic Bernini. Dans le cas du projet du parc Act’Y, la contrainte est technique et logistique. D’un point de vue logistique, AEW a souhaité s’entourer d’un exploitant pour l’occupation de sa toiture, sous forme de location. Ce procédé permet d’externaliser le financement des mesures conservatoires de la structure et son entretien et de bénéficier de revenus complémentaires via la location de la toiture à long terme. C’est l’entreprise Urbasolar qui a été retenue à l’issue d’un appel d’offre pour l’exploitation de la toiture. L’opérateur, premier spécialiste français indépendant du solaire photovoltaïque avec notamment 2 millions de m² de toitures équipées, pourra alors participer à un appel d’offre de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) afin de revendre l’énergie produite à un tarif préférentiel et garanti.

D’un point de vue technique, 100 % des toitures étant équipées de panneaux photovoltaïques, “c’est une surface de 22 700 m² qui sera couverte par environ 9 000 modules PV”, s’enthousiasme Ludovic Bernini. La puissance théorique maximale dans des conditions optimales est estimée à 3 000 kWc (kilowatt-crête). Durant l’exploitation, ce seront environ 300 000 kWh qui seront produits et réinjectés dans le réseau national chaque année. Concrètement, cela signifie que “les bâtiments produiront environ trois fois plus d’énergie qu’ils n’en consommeront”, conclut Ludovic Bernini.

Aller plus loin que les exigences environnementales légales

Il s’agit d’aller au-delà de la loi Énergie-Climat de novembre 2019, qui a pour objectif de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et d’accélérer le développement des énergies renouvelables. La loi concerne l’immobilier d’entreprise à partir du moment où la construction projetée crée plus de 1 000 m² d’emprise au sol, notamment si elle concerne des locaux à usage industriel ou artisanal. André-Pierre Villalba précise : “Les constructions soumises à l’obligation doivent notamment comporter soit une toiture végétalisée, soit un procédé de production d’énergies renouvelables, avec un minimum imposé de 30% de la surface de la toiture ou des ombrières”.

Pour ce programme, l’option de la végétalisation de la toiture a été rapidement écartée. Restait à déterminer quel système de production d’énergies renouvelables adopter : autoconsommation de l’énergie produite, revente de l’électricité, location de la toiture à un exploitant ? C’est donc cette dernière option qui a été retenue avec l’opérateur Urbasolar, avec l’objectif de générer des revenus complémentaires pour AEW. Pour le dire en une phrase : des toitures vertes, non pas végétalisées mais productrices d’une énergie solaire 100 % renouvelable.