Le vrai du faux des effets du Covid-19 sur les bureaux

04/02/2021

Le 7e baromètre « Paris Workplace » apporte des éléments chiffrés sur les effets du Covid-19 sur les bureaux et le rapport des Franciliens avec leur lieu de travail.

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Contre toute attente, le désir de télétravailler n’a pas évolué avant et après le premier confinement. En revanche, une très forte majorité des salariés employés dit ne plus pouvoir s’en passer complètement.

« Le bureau est loin d’être mort ». Telle est la conclusion du 7e baromètre Paris Workplace réalisé en partenariat avec l’IFOP et qui mesure les attentes des franciliens en matière de bureaux. Les résultats de 2020 se fondent sur une double enquête :  1500 salariés interrogés avant le 1er confinement et 1500 salariés après, à même de nous éclairer sur les véritables effets du Covid-19 sur les bureaux.


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L’étude révèle un attachement des salariés à leur lieu de travail supérieur à ce qu’on aurait pu anticiper, et qui est paradoxalement renforcé par la crise : le bureau est le lieu indépassable de la vie sociale avec les collègues. Seule une ultra-minorité de salariés souhaitent travailler exclusivement à distance. « La vie sociale avec les collègues » est en effet la première raison de venir au bureau pour 55 % des salariés (+ 8 points entre février et septembre). C’est particulièrement le cas pour les jeunes : 55 % des – 30 ans jugent que leurs collègues « sont aussi des amis ». « L’immobilier d’entreprise, c’est l’endroit où se créé le lien qui nourrit l’engagement des salariés dont leur performance découle. Une entreprise, aussi, doit retrouver ses racines, analyse Aude Grant, Directrice Générale Adjointe Asset management et Investissements de SFL. L’immobilier, c’est cet endroit ‘incarné’ qui permet de « faire le plein » d’échanges transversaux, de management, de leadership. Sans cette ‘recharge’, une entreprise peut continuer à avancer sur sa lancée, mais à mesure que le temps passe, comme un train lancé à grande vitesse, elle finit par ralentir puis s’arrêter. »

« Les entreprises qui auront fait l’effort de maintenir des mètres carrés de bureaux bénéficieront d’un avantage comparatif important »

En septembre, 86 % des salariés affirmaient qu’ils voulaient dans l’idéal pratiquer le télétravail au moins un jour par semaine. Et 43 % jugeaient même que dans un avenir proche, les entreprises n’auraient plus besoin de bureau. On aurait pu interpréter ces chiffres comme une conséquence directe du confinement du printemps. Ce serait une erreur car en février, avant le confinement, les réponses étaient identiques à un point près. 87% des salariés voulaient déjà télétravailler au moins un jour par semaine et 42 % pensaient que les entreprises se passeraient bientôt de bureaux. « À partir du moment où certaines entreprises basculent de manière exagérée dans le télétravail, celles qui auront fait l’effort de maintenir des mètres carrés de bureaux bénéficieront d’un avantage comparatif important. Elles seront à même de dire à leurs collaborateurs : ‘à l’inverse d’autres entreprises, nous avons à coeur de vous proposer un cadre de travail agréable’ juge Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégies.

Seuls 8 % des Franciliens rêvent de travailler exclusivement à distance

Ce qui change avec le confinement, c’est le nombre idéal de journées télétravaillées, qui passe en moyenne de 1,5 à 2,1 jours par semaine. Dans l’esprit des salariés, le bureau doit rester le lieu « principal » de travail. 63% des salariés souhaitent travailler la majorité de leur temps au bureau, seuls 8 % rêvent de travailler exclusivement à distance.

Qu’en est-il de leurs pronostics sur l’évolution du lieu de travail ? Les trois-quarts des salariés anticipent que « dans peu de temps les salariés travailleront davantage en télétravail qu’au bureau »… mais pourtant, ils sont moitié moins nombreux à le souhaiter pour eux-mêmes. Il y a donc un hiatus pour ne pas dire un gouffre, entre le pronostic concernant l’évolution du lieu de travail et le désir des salariés. Et attention : Si le bureau est le lieu de la vie sociale, on pressent a contrario les risques d’un télétravail excessif.  Un chiffre qui interpelle : les télétravailleurs réguliers sont deux à trois fois plus nombreux à se dire « souvent » sujet à l’isolement ou la solitude. Des niveaux préoccupants d’un point de vue psycho-social. 24 % des télétravailleurs réguliers avouent même qu’il leur arrive d’avoir peur d’être licenciés, c’est moitié plus que ceux qui télétravaillent rarement ou jamais (15 %). « Certes, en télétravail les Français ont été productifs, mais à quel prix, et pour combien de temps ? » s’interroge Aude Grant.