« Aménagement, digitalisation, tiers-lieux… le Covid-19 accélère ce en quoi nous croyons »

08/06/2020

lecture 5 min

La crise du Covid-19 nous force à ré-imaginer les bureaux. Distanciation physique, monitoring à distance, parcours utilisateur, nouvelles technologies… Le Secrétaire général de Nexity Solutions Entreprise fait le point sur ses offres à même de venir aider investisseurs et usagers dans la gestion de leurs immeubles.

Comment Nexity Solutions Entreprise s’est adapté pendant le confinement ?

François Desgardin : Ces derniers mois, nous avions fait d’importants efforts de digitalisation de nos équipements, nos process et nos métiers, ce qui  a permis à nos collaborateurs de continuer leur activité, depuis leur domicile ou de nos tiers lieuxrestés ouverts eux aussi (Morning Coworking notamment). Par exemple, grâce à notre participation chez Intent Technologies, nous avons pu assurer le monitoring des immeubles à distance.

« Je suis convaincu que l’homme est avant tout un animal social, et que son avenir, ce n’est pas de rester derrière son écran »

Vous n’avez donc pas été impactés par la crise ?

François Desgardin : Si, bien sûr, mais nous avions également investi massivement dans la numérisation du traitement des factures, le calcul de charges pour les propriétaires, les baux… tous ces services ont continué à fonctionner. Pour la promotion, même avec l’arrêt momentané des chantiers, nos équipes qui travaillent sur la partie juridique, programmatique, architecturale, coordination, synthèse, ont poursuivi  leur activité.

Une partie des Français ont découvert le télétravail à la maison. Est-ce une activité qui peut s’ancrer à long terme ?

François Desgardin : Le télétravail a des vertus, mais je suis convaincu que l’homme est avant tout un animal social, et que son avenir, ce n’est pas de rester derrière son écran. Je suis un passionné du digital, mais le digital, cela se vit avec les autres. Je prends souvent l’exemple des ‘bars e-sport’, une activité foncièrement dématérialisée dont la communauté d’usagers éprouve le besoin de se retrouver dans un lieu physique. Le bureau se vit de la même façon.

« Nous croyons beaucoup aux espaces modulables, dans lesquels on peut décider de mettre un mètre d’écart entre les employés un jour, et six mois plus tard décider d’être tous ensemble »

Le télétravail ne devrait donc pas devenir la norme ?

François Desgardin : Je suis convaincu que la part du télétravail va augmenter, mais pour que cela progresse, il faut que cela se fasse dans de bonnes conditions. Et les bonnes conditions on ne les trouve pas nécessairement chez soi. Il est important de distinguer le ‘télétravail’ du ‘home-office’. Si on travaille dans un bureau c’est qu’il y a de bonnes raisons : l’échange et la créativité qu’ils permettent notamment. Un marché va probablement s’ouvrir sur le travail dans des tiers-lieux à mi-temps, pour des gens qui viendraient trois jours par semaine au bureau et deux dans un espace de co-working de proximité par exemple.

Le risque sanitaire sonne-t-il le glas du « flex-office » dans les immeubles de bureau ?

François Desgardin : Le bureau seul, nous semble être une bêtise…. Mais l’open Space également.. Pour gérer la distanciation au quotidien, nous croyons beaucoup aux espaces modulables, dans lesquels on peut décider de mettre un mètre d’écart entre les employés un jour, et six mois plus tard décider d’être tous ensemble. Nous allons aller de plus en plus vers des cellules de taille intermédiaire avec des postes de quatre ou six personnes. C’est ça la flexibilité.

De nombreuses entreprises sont en train d’adapter leurs bureaux, leurs accueils, leurs restaurants d’entreprise : comment les y aidez-vous ?

François Desgardin : Depuis deux ans et demi, l’un des segments sur lesquels Nexity Solutions Entreprise a beaucoup investi, c’est l’exploitation de sites. Je pense à nos prises de participation chez Morning Coworking, Cocoon Space, Anticafé ou encore HipTown. Notre objectif, c’est de proposer des voies complémentaires au bureau traditionnel pour les investisseurs et les utilisateurs. À une période où ils se posent des questions sur l’utilisation de leurs mètres carrés, nous sommes capables d’apporter des solutions d’optimisation, d’aménager un plateau inutilisé en espace de co-working, d’héberger une entreprise à l’étroit dans un espace tiers, etc. Nos solutions d’exploitation de surface vont permettre demain à l’investisseur propriétaire de diversifier ses revenus locatifs.

« Le Covid ne dément pas nos convictions. Au contraire, cela a un effet d’accélérateur ! »

Dans cette période d’incertitude pour les entreprises, que pouvez-vous apporter ?

François Desgardin : « Nous pouvons aider les propriétaires à dynamiser la programmation du site pour aller chercher plus de valeur et maitriser ses flux et ses parcours. Prenons par exemple Anticafé qui va opérer le rez-de-chaussée d’un grand actif parisien aux Batignolles à Paris ;cela va apporter de la valeur à l’immeuble, amener de la vie au quartier, et c’est une bouffée d’oxygène pour les collaborateurs par rapport à l’entre-soi d’un bâtiment fermé. Pour le propriétaire occupant, ce sont des revenus complémentaires, où les risques sont partagés avec Anticafé.

Votre vision des bureaux n’a donc pas été modifiée par la crise du Covid-19 ?

François Desgardin : « Non ! Pour nous, le Covid ne dément pas nos convictions. Au contraire, cela a un effet d’accélérateur ! On espère que dorénavant, nous serons mieux entendus par les investisseurs sur les sujets de la digitalisation des bâtiments et du low-tech. Il y a une double réflexion à mener, à la fois au niveau des investissements capables de rendre les bâtiments intelligents, et les solutions– je pense notamment à l’aération ou au stockage de l’énergie – qui permettent de limiter le bilan carbone. Concernant les usages, nous allons inciter les clients à opter, par exemple, pour l’installation de trois ou quatre cuisines de petite taille plutôt qu’un important RIE, qui n’a pas de sens dans l’après Covid.

Les nouvelles technologies peuvent ainsi être une réponse à la nécessité de mieux maîtriser les flux de personnes, et donc le risque sanitaire ?

François Desgardin : Bien sûr. Avec Nexity Solutions Digitales, nous sommes capables d’accompagner le parcours d’un client, d’un partenaire, d’un collaborateur dans un bâtiment, et de monter un système de gestion permettant de donner à distance les droits d’accès en fonction des profils et des parcours souhaités. Nous allons pouvoir mieux gérer les étages, de telle sorte à ce si l’on apprend que quelqu’un est malade, l’on sache qu’il n’a pas été se promener dans tous les étages. Cela se passe directement sur votre smartphone, sans contact, à l’aide d’une serrure connectée. Il faut que ce soit simple d’utilisation, parce que si l’on doit jongler avec les badges, à tel point que la navigation dans le bâtiment devient difficile, on n’a rien réglé.

C’est une solution qui existe déjà ?

François Desgardin : Oui NEXITY est capable via sa filiale Nexity Solutions Digitales d’accompagner le déploiement de toutes les solutions du marché. Nous avons des contacts avec tous les éditeurs et les constructeurs ainsi qu’une solution propriétaire. En fonction du budget et du besoin du client, nous lui proposerons l’une ou l’autre des solutions. La solution NEXITY permet un fonctionnement via QR-codes qui est la solution dans laquelle je crois le plus mais nous pouvons aussi proposer d’autres solutions basées sur du NFC, du Bluetooth avec des interfaces utilisateurs plus ou moins développées. Ce qui compte avant tout, c’est de fournir le produit qui répond le mieux au budget et aux besoins du client. Notre solution est adossée à une plateforme capable de gérer les droits de tous les collaborateurs, à distance, sur tous les bâtiments raccordés, et de donner des droits temporaires sur une plage horaire définie. C’est particulièrement utile pour les prestataires extérieurs ou pour le travail en décalé par exemple. Cela va permettre de libérer du temps aux personnes en charge de l’accueil pour se focaliser sur l’humain, la prise en charge, l’orientation, le service, et non sur la vérification d’identité et l’ouverture des portes.