Le bureau, un dernier lieu de socialisation bien vivant

31/08/2021

Retour sur les enseignements d’une table-ronde organisée par Lonsdale suite à une étude sur l’avenir des modes de travail.

bureau socialisation © Copyright Shutterstock / bbernard

lecture 4 min

Le développement d’une économie de services, l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication d’une part et la crise sanitaire d’autre part ont transformé les modes de travail. Sur le temps long pour l’un, dans l’urgence pour l’autre. L’unicité des trois dimensions du « taylorisme », temps, lieu et action ne prévaut plus dans les organisations où « le modèle de travail renforce la place centrale de l’humain au cœur du dispositif et non plus le processus » décrypte Anne Hangouët.

>> Revoir le webcast FUTURE OF WORK par LONSDALE <<

Si la crise sanitaire a été un accélérateur elle n’est en rien à l’origine de ces changements de paradigme pour les entreprises. En 2017, une étude menée par l’Institute for the future montrait déjà que 85% des emplois de 2030 n’existaient pas encore. « La flexibilité et l’hybridation des modes de travail s’imposent logiquement, sans retour en arrière possible » affirme Ghislain Grimm, associé fondateur de l’agence workINprogress. Pas de modèle unique donc, mais une clé de réussite commune pour évaluer la transformation des modes de travail : l’expérience utilisateur.

Adapter les modes de travail aux collaborateurs et non l’inverse

Où ? Quand ? Comment ? Trois questions essentielles pour définir les nouveaux modes de travail sans bouleverser les organisations et en préservant la performance. La crise sanitaire a rendu obligatoire le télétravail pour les salariés, mais de nombreuses entreprises comme Orange permettaient déjà à leurs salariés de le pratiquer « jusqu’à 3 jours par semaine grâce à des avenants au contrat de travail sous réserve de validation managériale » témoigne Frédéricke Sauvageot, Directrice de l’innovation et des environnements de travail du groupe. Un nouvel équilibre géographique se dessine alors entre le bureau, le domicile (résidence principale ou secondaire), et les alternatives de coworking en métropole ou en région (cafés coworking, hôtels de coworking…).  « Demain les collaborateurs voudront travailler où ils veulent et quand ils veulent, mais pour atteindre cette liberté il faut prendre le temps de construire les espaces et les infrastructures adaptés » témoigne François Desgardin, Secrétaire général de Nexity Solutions Entreprise. Et ajoute que « même les entreprises du CAC 40 et du SBF 120 commencent à se questionner, créent des ‘bureaux laboratoires’, investissent les tiers lieux et participent à cet effort d’apprentissage collectif ».  

Les entreprises réinventent leurs espaces de travail

« Une certaine forme du bureau est morte mais le bureau est loin d’être mort » affirme François Desgardin, et ce pour une raison très simple d’après lui : « c’est l’un des derniers espaces de sociabilisation ». Moins de temps de présence au bureau donc, mais une optimisation du temps passé en équipe avec des espaces plus propices aux échanges libres, à la transmission, à l’apprentissage, à la créativité. Nouveaux designs et nouvelles configurations des espaces doivent aussi prendre en compte une donne non négligeable, la place de l’écran pour que les personnes à distance soient aussi bien intégrées dans les réunions que les collaborateurs présents au bureau. En bref, une évolution des espaces, du mobilier et des solutions technologiques mais aussi une évolution des pratiques puisque « le bureau n’est qu’un outil au service d’un projet managérial, d’un projet d’équipe » insiste Frédéricke Sauvageot.  

Pour initier ces changements, directions des ressources humaines, de l’immobilier et du digital se mobilisent et travaillent main dans la main pour donner de nouvelles formes au bureau. Chez Orange par exemple, ces équipes spécialisées mènent 16 projets d’innovation en capitalisant sur les retours d’expérience pour faciliter les questions de flexibilité. Une démarche qui s’accompagne de la création de services et d’activités proposées aux salariés sur leur lieu de travail, réinventée à partir de nouveaux usages. « Les nouveaux services proposés dans les bureaux sont la preuve même qu’ils ne sont plus uniquement des lieux de travail mais de véritables lieux de la vie ensemble » analyse François Desgardin. Un luxe qui n’est pas réservé aux entreprises bien établies, au contraire. En effet, les startups ont été les premières cibles de ces bureaux flexibles dotés d’une importante offre de services pour rompre le modèle de bail 3/6/9 et accompagner le rapide développement des entreprises. En basket ou en costume, salariés d’une startup ou d’un grand groupe, au bureau à temps plein ou quelques jours par semaine, demain tous les collaborateurs disposeront d’espaces de travail réinventés, en accord aussi bien avec la stratégie de leur entreprise qu’avec leurs propres aspirations.