Les atouts de séduction des villes moyennes

24/03/2021

Les villes moyennes refont parler d’elles aujourd’hui. Longtemps délaissées, elles apparaissent ainsi comme une des réponses aux maux et aux déséquilibres de notre territoire.

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Les périodes de grands bouleversements ont toujours été propices à l’introspection et à la remise en question de grands paradigmes de société. Celle que nous traversons n’échappe pas à la règle et place la réinvention de nos modes et lieux de vie et de travail au cœur des réflexions. Les villes moyennes refont parler d’elles aujourd’hui. Longtemps délaissées, elles apparaissent ainsi comme une des réponses aux maux et aux déséquilibres de notre territoire. Et si on redessinait la carte de France ?

C’est un constat : les villes moyennes (de 20.000 à 200.000 habitants) souffrent depuis plus de trente ans. En cause notamment, « l’hypercentralisation politique – héritage jacobin – et l’hyperspécialisation économique » comme l’explique Emmanuelle Duez, fondatrice de The Boson Project qui aide les collectivités à valoriser leur pouvoir d’attractivité. Ainsi, ces communes ont peu à peu perdu leur population active, ont vu le tissu commercial – avec le déclin des centres-villes – s’appauvrir, leurs services publics fermer parfois, l’immobilier local se dévaloriser, etc. Une spirale que les villes moyennes peinent à enrayer.

Pourtant, début 2019, le Baromètre des Territoires montrait que la ville moyenne est le lieu d’habitation préféré des Français (43%), devant la grande ville (20%) (Le Baromètre des territoires, Ipsos, février 2019).


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Un an après, surviennent la Covid-19 et le premier confinement. Cet exode qui restait le plus souvent à l’état de fantasme semble soudain devenir une urgence ; les citadins quittent leur territoire pour une autre grande agglomération, ou pour une ville moyenne proche de leur métropole d’origine. « Les gens se sont permis d’aller travailler ailleurs » décrit Emmanuelle Duez. Des villes comme Lyon, Nantes, Montpellier, ou encore Orléans, Verdun et Evreux semblent gagner au change dans ce jeu de chaises musicales. Parmi les grands gagnants, l’Ouest avec des villes comme Rennes, Nantes ou la Normandie qui enregistre +23% de demandes de logement d’après le réseau d’agence immobilière Laforêt.  On s’y installe, on y télétravaille grâce aux outils connectés. Semaine après semaine, on prend goût à cette douceur de vivre. Plus d’espace, souvent un jardin, plus de temps libre donc une meilleure qualité de vie… À peine dix mois plus tard, la tendance se confirme : les villes moyennes sont jugées plus attractives (56%), plus dynamiques (48%). Sur le podium de cet engouement : leur tranquillité (32%), leur proximité avec la nature (25%), le coût de la vie accessible (31%). (Enquête La Fabrique de la Ville 2020)

Une opportunité de développement économique pour les territoires

Cet exode représente une opportunité pour de nombreux territoires. Métropoles régionales et villes moyennes pourraient s’en trouver redynamisées. Bordeaux est ainsi en tête du palmarès des villes où il fait bon vivre quand on est cadre, suivi par Montpellier, Nantes et Aix-en-Provence.

Certains territoires, à l’image de la ville de Verdun, commencent déjà à réorienter leur stratégie de marketing et d’attractivité territoriale vers ces nouvelles cibles. Elles mettent en avant un lieu de vie idéal, pour attirer les déçus et les fatigués des grandes villes, qui leur apporteront de nombreuses opportunités de développement économique : achats ou opérations immobilières, consommation quotidienne, scolarisation des enfants, recherche d’un nouvel emploi pour les conjoints, consommation de tiers-lieux ou coworking pour les télétravailleurs ou indépendants… et parfois, lorsque l’attrait du « 100% remote » s’estompe, l’opportunité d’offrir un nouvel emploi à ces cadres qui ont réussi à déménager avec la bénédiction de leur employeur précédent. Pour Emmanuelle Duez, « il y a une opportunité à saisir pour redonner aux territoires le panache qu’ils méritent ». C’est une vraie chance. À ces villes moyennes désormais de transformer l’essai : en facilitant l’installation des familles ; en développant les équipements et des services (école, loisirs, culture) ; en améliorant le réseau des transports ferroviaires et multimodaux interrégionaux pour désenclaver certaines zones ; en multipliant les connexions et les solidarités entre villes pour recréer un réel maillage économique cohérent et stimulant, en osant se restructurer. Pour ce faire, collectivités locales, élus et entreprises – on parle de la responsabilité territoriale des entreprises – doivent avancer main dans la main.

Les enjeux sont considérables, d’où une émulation entre ces villes moyennes. Emmanuelle Duez encourage « chacune à élaborer sa proposition de valeur ». D’aucunes se façonnent comme une marque pour se différencier, à l’instar de La Rochelle qui a très tôt misé sur son port de plaisance, son centre-ville historique et sur le TGV. Visionnaire, elle proposait dès 1976 les vélos en libre-service. La ville incarne désormais la qualité de vie. Lorient, elle, se positionne comme la sailing valley, une activité emblématique et fédératrice. D’autres, comme Angers, font le pari que les étudiants d’aujourd’hui heureux seront à terme des salariés ou des entrepreneurs candidats à l’installation. Quelle que soit la voie choisie, la dynamique revitalise par capillarité tous les secteurs de la commune.

À l’aune des profondes mutations de notre société, le champ des possibles paraît très prometteur pour les villes moyennes. Redevenir acteur de son développement économique et au-delà de son destin… un défi, une promesse, un chemin qui donne du sens. Encore faut-il être en prise avec ce que ces actifs, auto-entrepreneurs et entreprises recherchent, des critères qui peuvent les attirer, et de ce dont ils ont besoin pour se développer. « C’est l’une des missions de The Boson Project, qui met au service des territoires sa connaissance approfondie depuis 10 ans des besoins des entreprises et des actifs, » ajoute Emmanuelle Duez.

Fiche d'identité

The Boson Project

  • https://thebosonproject.com/
  • "L'excellence humaine au service de la performance". Notre métier consiste à créer les conditions permettant l’expression pleine et entière du potentiel humain, individuel et collectif.

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