Télétravail, tiers-lieux : les chiffres de l’avenir des bureaux

21/07/2020

futur des bureaux

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Mis en lumière par la crise du Covid-19, le télétravail n’a pas fait que des heureux. Et si son adoption devra être confirmée dans les mois à venir, les bureaux, eux, n’ont pas dit leur dernier mot. Ils semblent paradoxalement retrouver leur vraie valeur et les tiers lieux, séduire un peu plus. Tour d’horizon des dernières études d’opinion publiées sur le futur des bureaux.

Les pleurs du petit dernier, le chat qui saute sur le clavier, la connexion qui décroche en pleine réunion… Les petits et grands tracas du travail à la maison ont révélé au grand jour les limites du « home office ». 76% des personnes en télétravail forcé ont regretté leurs bureaux, révélait après quelques semaines de confinement une étude Deskeo. Pourtant, le télétravail, qui figurait déjà parmi les aspirations des salariés avant la crise du Covid-19, est plus que jamais d’actualité. A l’heure du déconfinement, 73% des salariés interrogés pour un sondage CSA – Malakoff Humanis indiquent vouloir désormais prolonger ce mode de fonctionnement. Le déploiement du travail à distance au printemps 2020 agira sans aucun doute comme un accélérateur pour nombre d’entreprises, sous réserve qu’il soit doublé d’un vaste plan d’adaptation des logements pour le rendre supportable à tous. En effet, une récente enquête de Terra Nova (#MontravailàdistanceJenparle!) nous rappelle à la réalité : 42% des télétravailleurs n’ont pas d’espace dédié chez eux et 49% estiment ne pas être correctement équipés. Plus que d’un télétravail exclusif, les salariés français semblent en fait aspirer à un mode d’organisation alternant présence au bureau et au domicile

Un quart des sondés jugent que sa santé physique ou mentale s’est détériorée

Si le télétravail séduit les Français, alors faut-il désormais imaginer un « monde d’après » sans bureau ? Attention à l’emballement. Le « printemps du télétravail » a également été source de tourments pour de nombreux salariés. Plus d’un quart des sondés de cette étude CSA jugent que leur santé mentale (30 %) et/ou physique (27 %) s’est détériorée pendant cette période. Des chiffres élevés qui s’expliquent notamment par l’hyper connectivité, les mauvaises postures, la réduction de l’activité physique ou encore la sensation d’isolement. Ce dernier point est d’ailleurs confirmé par les résultats d’une autre étude (Paris Workplace 2019) qui indique que les télétravailleurs réguliers sont plus nombreux à « s’ennuyer souvent » au travail (34 % contre 16 % pour les non-télétravailleurs) et même à « avoir peur de se faire licencier » (24 % contre 8 %). Impossible enfin d’omettre les conséquences sur l’entreprise de ce mode d’organisation. Après s’être lancé dans un plan de télétravail massif en 1998, IBM a finalement fait machine arrière – 20 ans plus-tard – constatant la moindre créativité de ses 386.000 salariés à distance (40% des équipes).

Le rôle des tiers-lieux

Pour autant, le baromètre Ipsos Nexity de l’automne 2019 révélait que 36% des cadres français plaçaient l’autonomie dans leur top 3 des critères les plus importants d’un poste. Loin devant leurs homologues chinois (22%), américains (17%) ou allemands (12%). De quoi leur donner des envies de « prendre le large » ? Les tiers-lieux pourraient bien apporter une partie de la réponse. 76% des personnes interrogées par Anticafé et Hiptown envisagent justement depuis le confinement de fréquenter des espaces de coworking et de café-coworking, alors qu’ils étaient 61% à s’y rendre avant le confinement. La raison ? Le tiers des répondants relève l’inadéquation de leur logement au bon déroulement de leur activité professionnelle.

Réinventer le bureau après la crise

Les mois à venir devront plus que jamais nous questionner sur l’important rôle des bureaux dans la performance. Et puisque la création de valeur ce n’est pas simplement faire l’addition de compétences individuelles, la fonction essentielle des bureaux – ce qu’elle apporte de lien social, de rapports interpersonnels et de créativité – sera exacerbée. Ils demeureront un puissant levier de performance et deviendront plus stratégiques que jamais : ils seront le « cœur battant » de l’entreprise, qui y concentrera ses rendez-vous essentiels. Des entreprises qui devraient ajouter à leur palette de nouveaux usages le recours aux tiers-lieux afin de se connecter davantage au monde extérieur et séduire des talents lassés par les longs temps de trajets logement-bureaux que les grandes métropoles nécessitent.