Sièges en régions : tout ce que les villes à taille humaine apportent aux entreprises

03/02/2021

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Allier qualité de vie et dynamisme professionnel : une aspiration que prennent en compte de plus en plus d’entreprises. Pour certaines d’entre elles, la solution passe par les régions.

Elles sont les « villes préférées des Français », font la une des médias pour leur pouvoir de séduction « des cadres », et figurent régulièrement dans le classement des métropoles où il fait « bon vivre »… et travailler. Si le désir de bureau est réel chez les Français « post-confinement », celui d’allier bien-être au travail et équilibre personnel l’est tout autant. « Au fond, ce qui a changé, c’est que certaines entreprises n’ont plus forcément besoin d’avoir toutes leurs équipes à Paris ou en Île-de-France », décrypte Véronique Bédague, Directrice générale déléguée de Nexity. Une tendance très concrète : « Nous avons mené des grands projets immobiliers, main dans la main avec les collaborateurs occupants, notamment à Lille, Lyon et très prochainement à Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Rennes ou encore Nantes, détaille Bertrand Jasson, ancien Directeur immobilier du Groupe Orange. Cela va permettre à 20.000 de nos 80.000 salariés de ré-emménager dans des environnements de travail adaptés. »


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« Il va y avoir de plus en plus de projets tertiaires en région »

Ces « pôles régionaux » structurent une nouvelle organisation spatiale qui séduit les entreprises désireuses de s’implanter là où leurs collaborateurs veulent vivre, et non l’inverse. Une tendance confirmée par des chiffres puisque 83% des cadres travaillant à Paris envisagent une mobilité régionale – d’après une étude Cadremploi d’août 2020. « Je suis persuadée qu’il va y avoir de plus en plus de projets tertiaires en région, notamment pour des entreprises qui souhaitent posséder leur siège », renchérit Véronique Bédague qui imagine deux options : « des tiers lieux ou des immeubles multi-usagers conçus comme tels dès le début ». Même vision chez Orange qui pense « aménager des espaces de corpo-working pour favoriser le travail collaboratif. Il n’y a pas de raison à ce que le salarié parisien soit mieux ‘traité’ que son collègue de Toulouse par exemple ! ».

Un siège central plus modeste à Paris et des satellites en région : une solution qui fait sens

Une réflexion qui fait école. « Un certain nombre d’entreprises qui disposent de sièges en Île-de-France se posent la question de proposer à leurs collaborateurs une diversité d’implantations au sein de grandes métropoles régionales », constate Noémie Lifchitz, Directrice de la relation Client de Nexity Solutions Entreprise. L’attrait pour les villes très bien desservies, le recours au télétravail, autant de tendances qui existaient avant la crise sanitaire et que le confinement a accéléré. « Ce qui a changé, c’est qu’aujourd’hui, ces nouveaux modes de travail se démocratisent, s’organisent et se formalisent. D’une certaine manière, on a gagné 10 ans !, poursuit-elle. Aujourd’hui le modèle d’un siège central, de taille plus modeste à Paris ou en première couronne, et de sites ‘satellites’ en région a de plus en plus de sens ». Une nécessité, pour les entreprises notamment afin de retenir leurs talents qui peinent à se loger en Île-de-France et quittent la région de la capitale au moment de fonder une famille.

Et comme « il n’y a pas de simple projet immobilier, mais que des projets de transformation », cette stratégie immobilière repensée s’accompagne de changements d’usage et de mode de management. « Le siège central sera le point d’ancrage de l’entreprise et portera ses valeurs. Un siège ‘totem’, qui aura un fort rôle de représentation. De leur côté, les bureaux régionaux seront un formidable vecteur d’attractivité pour les talents ! », conclut Noémie Lifchitz.